9 dec 2008

Défilé du Temps, le temps d'un défilé

 Une invitation à un voyage dans le temps à la rencontre de femmes d'exception

Au Moyen Age : 2 dames de cour

Comme chacun le sait les parents de Jeanne, Isabelle et Jacques d’Arc sont laboureurs à Domremy, bons catholiques et sujets loyaux du roi de France.
Lorsque Jeanne entend des voix (rien d’étonnant à une époque où le merveilleux et le miraculeux font partie du quotidien), elle sait qu’elle doit conduire le Dauphin à Reims pour y être sacré et « bouter l’anglois hors de France ».
Aujourd’hui 2 nobles dames de Cour en parlent encore..

XVIIème siècle, Siècle de Louis XIV : Ninon de Lenclos

Le soleil brille sur la Cour de France et Versailles incarne la grandeur par son faste : c’est « Le Siècle de Louis XIV ».
Une dame, rebelle, pleine de charme, grand esprit et grand cœur, intrigue Louis XIV. Ninon de Lenclos est très en avance sur son temps.
Jamais mariée, n’aimant pas Versailles, jouant du luth et du clavecin, prenant son bain tous les jours, elle tient correspondance avec les grands du royaume. Elle est souvent consultée pour ses conseils avisés.
C’est elle qui offre ses premiers livres à un enfant nommé Voltaire.

Mme VIGÉE-LEBRUN : portraitiste

Dès l’age de 5 ans Marie Louise Elisabeth fait preuve d’un talent précoce en dessin. Trois ans après la mort de son père, en 1770, elle s’établit sans licence comme peintre professionnel. Les commandes affluent. Elle a quinze ans.
A 20 ans elle offre à l'Académie Française deux portraits. En récompense elle est admise aux séances publiques de l'Académie. Ses portraits de femmes lui attirent la sympathie de Marie-Antoinette qui a le même age qu’elle et qui en fait son peintre favori : 35 toiles !
Un tel succès fait des envieux : on médit, on présente l'artiste comme la maîtresse du Ministre des Finances Calonne, et comme une dépensière qui se chaufferait en brûlant des billets sous des lambris dorés.
Pendant la Révolution elle s’exile, voyage dans toute l’Europe avant de revenir à Paris où elle tiendra salon jusqu’à sa mort.

Premier Empire : Mme de STAEL et Mme de RÉCAMIER

A 20 ans, en 1786, Mme de Staël, baronne de Staël Holstein reçoit dans son salon les représentants d’une nouvelle génération aux idées neuves et généreuses : elle est la «reine de Paris».
Aux débuts de la Révolution soutenant l’idée de la monarchie constitutionnelle, elle se coupe tant des républicains que des aristocrates et doit bientôt s’exiler en Angleterre.
De retour à Paris son salon est avec celui de Mme de Récamier le centre de l’opposition intellectuelle à Napoléon qui devant le rapport des espions de Fouché lui interdit de s’approcher à moins de « quarante lieues » de Paris.
Installée alors au château de Coppet en Suisse elle publie les romans parsemés de réflexions comme « le génie ? c’est le bon sens appliqué aux idées nouvelles » ou encore « Il faut dans nos temps avoir l’esprit européen ».
Jusqu’à sa mort à 51 ans elle garde le soutien de René de Chateaubriand et de son amie Madame de Récamier.
Mme de Récamier était intelligente, cultivée, pleine de douceur et reconnue reine de beauté et de vertu. Elle dansait à ravir, chantait, pinçait de la harpe et jouait du piano. Son salon de l'Abbaye aux Bois fut fréquenté par tous mais elle recevait et presque toujours de façon somptueuse, à ses résidences parisiennes.

Le Second Empire : l’Impératrice Eugénie

Le Second Empire la France connaît une des plus profondes transformation économique et sociale.
C’est une véritable révolution : industrielle (le chemin de fer…), commerciale (naissance du Bon Marché) avec d’importantes mutations sociales.
Un ouvrier à Paris gagne en moyenne 2,06 fr par jour.
Une paire de Chaussure coûte entre 35 et 70 fr.
Bien que les revendications féminines ne soient pas à l’ordre du jour, l’hebdomadaire « Le Droit des Femmes » commence à paraître.
Eugénie est au centre d’une vie brillante dans le luxe et le faste.

La fin du XIX°siècle, 1890 : Marie Curie a 23 ans

En 1890 Marie Curie a 23 ans. Parmi les savants contemporains, c’est probablement elle, qui a été, de son vivant, la personnalité la plus célèbre du monde et couverte de distinctions honorifiques du plus haut niveau dans tous les pays. En 1903 Pierre et Marie Curie partagent le prix Nobel de physique. Marie Curie obtient, en 1911, le prix Nobel de chimie. En 1906, Pierre meurt, renversé accidentellement par une voiture à cheval. Elle le remplace à son poste de professeur à la Sorbonne et devient ainsi la première femme à enseigner dans cette université. Durant la 1ère Guerre Mondiale, elle participe à la création d’unités chirurgicales mobiles, et part régulièrement sur le front réaliser des radiographies. Soumise de par ses travaux à une trop grande exposition à des éléments radioactifs, elle est atteinte d’une leucémie. Malgré sa faiblesse, elle continue d’assurer la direction de la section de physique et chimie de l’Institut du Radium jusqu’à son décès en 1934..
La découverte de la radioactivité devait révolutionner l’ensemble des sciences au XX° siècle

1900, La Belle époque : Camille Claudel

Née d'une famille modeste, soeur du célèbre écrivain Paul Claudel, Camille décide très tôt de devenir sculpteur. A 17 ans elle suit les cours de l'Académie Colarossi car il est inconcevable à cette date qu'une femme ait accès à l'Ecole des Beaux - Arts.
En 1883, elle rencontre Rodin et entre dans son atelier l'année suivante. Les deux artistes s'influencent mutuellement. « Je lui ai montré où trouver de l'or mais l'or qu'elle trouve est bien à elle" a dit d’elle Rodin dans une phrase prémonitoire d'un succès bien mérité mais posthume. Le secret de l'art de Camille Claudel provient de son instinct de terrienne, sa muse permanente. Camille frappe ses interlocuteurs par sa voix rauque, son parler aux lourdeurs paysannes et ses gestes brusques. Après sa séparation de Rodin elle aborde un nouveau style. Utilisant l'onyx, matériau rare, elle fonde ses compositions sur d'élégants jeux de courbes ; Camille est alors en phase avec l'art de son temps. Mais seule, elle sombre peu à peu dans une névrose et devra être internée à 49 ans pour disparaître à 79 ans en 1943.

1925, Les Années Folles : Colette et Suzanne Noël

Colette

En réalité Colette n'est pas son prénom, mais le nom de son père. Sidonie-Gabrielle Colette naît en 1873.
De son enfance bourguignonne, elle gardera une conscience profonde de la nature se mêlant à une sensualité souvent provocante et le respect de la vie sous toutes ses formes. Elle prête une attention précise aux mots pour exprimer l'effusion dans la nature, une sensualité librement épanouie et sa volonté de revendiquer les droits de la femme sur l'homme. Un parfum de scandale l'accompagnera souvent : de Claudine paru en 1900 jusqu'aux Paradis terrestres (1953), elle va publier une multitude de romans (55 !) avant d’être élue à l'Académie Goncourt au fauteuil de Sacha Guitry, et promue Grand officier de la Légion d'honneur en 1953. Un an plus tard l'État fait des funérailles nationales à la brillante femme de lettres qui meurt la même année que Suzanne Noël.

Suzanne NOËL

Colette admire beaucoup Suzanne Noël, chirurgien esthétique et créatrice du SOROPTIMIST en France en Europe et en Asie. Elle possède les vertus que Colette apprécie chez ses amies : elle sait prendre des décisions hardies, elle fait des choses étonnantes pour l’époque, avec beaucoup de courage physique. Suzanne Noêl a beaucoup travaillé pour reconstruire les visages de victimes de la 1ère guerre mondiale. A 46 ans en octobre 1924 elle fonde le CLUB de PARIS. On peut imaginer la somme de détermination, d’acharnement et de courage pour braver les préjugés bien établis dans la bonne société pour devenir non seulement chirurgien mais aussi pour fonder un club de femmes sans se soucier du « qu’en dira-t-on » . Suzanne Noël reçoit la Légion d’honneur en 1928. Elle jouera un véritable rôle d’ambassadrice Soroptimist à travers le monde mais le plus exceptionnel est peut-être sa vision prémonitoire de l’Europe qu’elle voit juste naître quand elle disparaît à 76 ans en 1954 : anné de naissance de l’Union de l’Europe Occidentale.

1940, Les Années noires : Jeanne Bohec

Lorsque les allemands pénètrent le 18 juin 1940 dans Brest où elle travaille dans une poudrerie Jeanne Bohec a 21 ans. Elle n’accepte pas la défaite de la France et rejoint immédiatement l’Angleterre. Ses compétences en chimie lui valent un transfert au labo du lycée français de Londres, où se mènent des travaux de recherche sur les explosifs et les techniques de sabotage. Elle signe son engagement aux Volontaires Françaises Féminines et suit un entraînement militaire de six semaines. Parachutée en Bretagne puis sous le nom de code de « rateau » elle parcourt les départements bretons à bicyclette, ce qui lui permet de circuler assez rapidement et surtout sans attirer l’attention. Elle enseigne le maniement d'explosifs à des résistants dans la perspective des combats de la Libération. Avant le Débarquement, elle participe à des actions de sabotage pour gêner le mouvement des troupes allemandes. Démobilisée en 1945, elle enseigne les mathématiques pendant de nombreuses années et sera maire adjoint du XVIIIe arrondissement à Paris, où elle vit toujours. Elle raconte sa résistance en Bretagne dans un livre intitulé « La plastiqueuse à bicyclette ».

Fin du XXème : Simone Veil

Ayant obtenu son baccalauréat en 1943 avant d'être déportée au camp d'Auschwitz Simone Jacob est la seule survivante de sa famille avec sa sœur. Après des études de droit et de sciences politiques où elle rencontre Antoine Veil elle entre dans la magistrature et en 1969 en politique. Sa carrière démarre avec le septennat de Valéry Giscard d'Estaing au Ministère de la Santé. Elle libéralise l'accès à la contraception et s'illustre en faisant voter en 1975, la loi portant son nom sur l'interruption volontaire de grossesse. Son discours à l’Assemblée et les débats qui l'ont suivi révèlent à la France entière une femme courageuse et déterminée, défendant à la fois la dignité de la femme et l'intérêt de la Nation. Elle est la première femme à présider le Parlement européen de 1979 à 1982.
Simone Veil a reçu de très nombreux honneurs et médailles à travers le monde. Aujourd’hui membre du Conseil Constitutionnel l’image visuelle que l’on retient d’elle est intimement liée à un tailleur Chanel

Chanel !

Accordez-moi une brève parenthèse !
Deux de ses créations sont connues du monde entier : le Nº 5 et le tailleur.  En 1921 Coco fait appel au parfumeur de la cour de Russie - Ernest Beaux - pour la création d’un parfum. Devant plusieurs échantillon, Coco Chanel fait son choix : le cinquième. Chanel n°5 est né.
Quant au tailleur, ensemble féminin en tweed créé en 1954, patrimoine intemporel de la mode, il fait toujours partie de la garde robe des femmes d'aujourd'hui. Coco Chanel disait « Si une femme est mal habillée, on remarque sa robe, mais si elle est impeccablement vêtue, c’est elle que l’on remarque» et Simone Veil a su adopter Chanel.

2505 : Femme du futur

La paix et la douceur du temps, fable d’un nouveau La Fontaine est sur toutes les lèvres et diffuse la sérénité sur un son intemporel.
La femme est l’avenir de l’homm
e

Hôtel Splendid (soirée privée pour Soroptimist) Châtel-Guyon